Pourquoi Vincent Bolloré, catholique revendiqué, soucieux de morale, d’ordre et de civilisation, maintient-il Jean-Marc Morandini, désormais condamné par la justice, à l’antenne de CNews ? Pourquoi cet entêtement, quand tant d’autres groupes médiatiques auraient tranché net, mis fin au contrat, changé de visage et refermé la page ?
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La réponse la plus immédiate est économique. Morandini Live fait de l’audience. Il capte un public fidèle, friand de conflits, d’attaques, et de récits de persécution. Dans l’univers de CNews, l’audience n’est pas un indicateur parmi d’autres : c’est une justification morale. Ce qui est regardé est légitime. Ce qui attire est défendable. Ce qui rassemble devient une cause. Mais cet argument, à lui seul, ne tient pas. Car des figures clivantes et rentables, il en existe d’autres. Ce que Bolloré protège ici dépasse largement un simple programme.
Il y a ensuite l’argument de posture. Maintenir Morandini, c’est tenir une ligne. C’est refuser de céder. C’est s’ériger en bastion face à ce qui est présenté comme une époque inquisitrice, féminisée, moralisatrice. Les représentants de la chaîne jouent les résistants, les assiégés et les derniers défenseurs d’une liberté menacée. Peu importe que la justice ait tranché : le combat est ailleurs. Il est culturel. Il est idéologique. Il oppose un «nous» viril, combatif, à un «eux» soupçonné de vouloir purifier, effacer ou faire taire.
Poser un genou à terre ?
Mais cette posture révèle, en réalité, une impasse beaucoup plus profonde




