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Manuel Valls sur le 13 Novembre : «Cette période m’aura marqué, changé, endurci»

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Premier ministre lors de la vague d’attentats de 2015, Manuel Valls retrace pour la première fois dans une tribune à «Libération» sa longue nuit du 13 et ses conséquences pour la France.

Manuel Valls et François Hollande, le 14 novembre 2015. (Albert Facelly/Libération)
Par
Manuel Valls, ancien Premier ministre
Publié le 06/11/2025 à 6h11

Nous sommes en novembre 2015. Ce vendredi 13, je décide de ne pas me rendre au Stade de France, à Saint-Denis, pour le match amical France-Allemagne. Je suis épuisé, après un déplacement intense à Dijon. En revenant, dans le TGV, j’ai fait part de mes craintes à Stéphane Grand, journaliste de l’Opinion, des risques d’un attentat majeur.

Le matin même, mon équipe de Matignon a examiné une note que j’avais commandée au secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, qui formule un certain nombre de préconisations en cas d’attentat de masse. La situation au Levant, les menaces de l’Etat islamique, les 1 800 Français présents dans les filières syriennes, les rapports des services de renseignement nous obligent à une très grande vigilance.

Soudain, c’est la vie qui bascule.

Un peu avant 21 h 30, François Hollande me prévient : il y a eu deux explosions à l’extérieur du Stade de France, où il assiste au match dans la tribune officielle. J’allume la télévision. Le match se déroule comme si rien ne se passait. Au moment de la deuxième explosion, évidente et sourde, Patrice Evra, abasourdi, hésite un instant avant de passer le ballon. Le sang-froid du président de la République et sa décision de ne pas interrompre le

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