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Martin Parr, le photographe qui a mis la Goutte d’Or sur la carte

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Véronique Rieffel, la fondatrice de l’Institut des cultures d’islam, se remémore un homme qui savait tout voir sans jamais juger, toujours à l’équilibre entre ironie et tendresse. Comme lorsqu’en 2011 il avait offert au quartier du XVIIIe arrondissement, trop souvent caricaturé, une visibilité heureuse, libre et digne.

Extrait de la série «The Goutte d'Or», «Galette queens», 2011. (Martin Parr/Magnum Photos)
Par
Véronique Rieffel, fondatrice et première directrice de l’Institut des cultures d’islam, commissaire d’exposition
Publié le 11/12/2025 à 11h58

La disparition de Martin Parr, samedi 6 décembre, m’a saisie d’une façon qui m’a moi-même surprise : un mélange de chagrin, de gratitude, et le retour vif d’un souvenir qui a façonné ma vie. Je lui dois l’une des aventures professionnelles les plus libres, les plus joyeuses et les plus transformatrices de mon parcours : l’exposition «The Goutte d’Or !», en 2011, à l’Institut des cultures d’islam (ICI), que je dirigeais alors depuis peu.

On me demande souvent comment j’ai convaincu Martin Parr de venir photographier un quartier parisien qui, à l’époque, n’attirait pas vraiment les artistes internationaux (à un quasi-homonyme près : l’immense Martine Barrat !). La réalité est simple : tout a commencé à Bamako au Mali, en 2009, au hasard d’une invitation aux Rencontres africaines de la photographie, lors desquelles il était l’invité d’honneur.

Ce jour-là, fidèle à son humour, il portait une chemise qu’il venait de se faire confectionner sur

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