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Massacre architectural de la Maison Blanche : de quoi le geste de Trump est-il le nom ?

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Démoli, redoré, déformé, dans un style plus «cocotte que rococo», le bâtiment du pouvoir américain est victime de la mégalomanie du Président qui piétine l’héritage de ses prédécesseurs ainsi que toutes les règles architecturales, analyse l’historien américain Gabriel Wick.

Lors de la démolition de l'aile Est de la Maison Blanche, le 15 novembre 2025. (Jessica Koscielniak/REUTERS)
Par
Gabriel Wick, historien, professeur d'histoire de l'art à NYU Paris
Publié le 03/12/2025 à 14h09

L’enduit blanc immaculé de la façade de la Maison Blanche, appliqué pour la première fois en 1798 pour lisser la porosité du grès local, lui confère une apparence irréelle et éthérée.

L’image est tellement présente sur nos écrans que même vue en vrai, elle donne toujours l’impression étrange d’être un décor de télévision. Elle est aussi l’un des meilleurs exemples de la façon dont l’architecture d’un lieu peut conférer une aura de puissance et d’omnipotence à ses habitants.

Cette atmosphère d’inviolabilité a volé en éclats fin octobre lorsque Donald Trump a ordonné la démolition de l’aile est datant de 1942, et quelques jours plus tard, celle de la colonnade est (datant de 1805 et reconstruite en 1905).

Les jours suivants, les médias ont été dominés par des images montrant des trous béants sur le flanc du bâtiment, laissant apparaître le béton et les barres d’armature.

Nous sommes habitués à voir la Maison Blanche détruite dans les films catastrophe hollywoodiens. Ici, cela se passe dans la réalité.

Chef de chantier

Le président a-t-il le pouvoi

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