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Mercosur et pesticides : la réponse en trompe-l’œil de la Commission européenne

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Le 18 décembre, le Conseil européen doit statuer sur le traité de libre-échange avec les pays d’Amérique du Sud. Pour répondre aux craintes des agriculteurs et des écologistes, la Commission propose un durcissement des contrôles sur les résidus de pesticides dans les produits importés. Une stratégie vouée à l’échec pour l’économiste Carl Gaigné et le chercheur Mathieu Parenti.

Epandage de pesticides à Baianopolis au Brésil, le 29 septembre 2023. (Nelson Almeida/AFP)
Par
Carl Gaigné, économiste
Mathieu Parenti, professeur, Paris School of Economics et chargé de Recherche à l’Inrae
Publié le 17/12/2025 à 6h30

La ratification du traité de libre-échange avec le Mercosur semble n’être plus qu’une question de temps, et cette perspective ravive les inquiétudes des agriculteurs européens et des défenseurs de l’environnement. Ils redoutent qu’une ouverture accrue des marchés ne renforce une concurrence déjà jugée déloyale, en raison de normes environnementales plus faibles hors d’Europe, notamment sur les pesticides.

Le recours à ces derniers est en théorie déjà régulé : toute denrée vendue dans l’Union est soumise à une limite maximale de résidus de substance active de pesticides – la «LMR». Pour apaiser les tensions, la Commission européenne propose de fixer les LMR des pesticides interdits au seuil de détection, une mesure présentée comme ferme, mais qui relève du trompe-l’œil.

Quatre fois plus de pesticides utilisés

Commençons par mesurer l’ampleur réelle de la menace économique. Les importations agricoles en provenance du Mercosur représentent environ 13,9 % des importations agricoles de l’Union européenne, soit 23,8 mi

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