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Monsieur Macron, agissez, les ayatollahs ont transformé mon pays natal en abattoir

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Lettre ouverte du photographe iranien Reza, exilé depuis 1981 au président de la République française.

Iran, 1981. «Quand j’ai commencé mon voyage hors de mon pays, lorsque les événements m’ont contraint à l’exil, l’Iran était devenu un grand cimetière au milieu de la Terre, où des formes noires erraient parmi les tombes», raconte le photographe Reza. (Reza/Webistan)
Par
Reza, photographe
Publié le 14/01/2026 à 7h00

Monsieur le Président,

Elle s’appelait Rubina, 23 ans, étudiante en stylisme. Elle dessinait des vêtements pour sa génération aux couleurs chatoyantes. Samedi dernier, dans une rue de Téhéran, elle marchait avec ses camarades en scandant simplement : «Liberté, Liberté, Liberté.» Une balle de fusil d’assaut l’a fauchée en pleine nuque, de dos, tirée à seulement quelques mètres.

Elle est morte en réclamant le droit de respirer.

Sa mère partage un récit poignant ; celui de sa quête parmi des centaines de corps d’êtres humains, tous tués d’une balle dans la tête ou dans la poitrine ; celui de subir cet insoutenable avec des centaines d’autres parents, et enfin, ce moment, lorsqu’elle trouve le corps de sa fille où les Gardiens de la révolution réclament une somme indécente pour le prix de la balle qu’ils ont utilisée pour assassiner sa fille.

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