L’accord de Bougival a échoué pour être resté à mi-chemin de la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie. Fondé sur une contradiction persistante, il ignorait la conviction qui anime les Kanak selon laquelle ils ont droit à une indépendance sans réserve. Sans doute, l’accord annonçait-il en préambule que le droit à la décolonisation était garanti par le droit international. Il disait aussi que le nouvel «Etat» pourrait être reconnu internationalement. Mais ces annonces étaient torpillées dans la suite du texte. Le dégel du corps électoral, garantie accordée aux colons français installés sur cette terre par une politique de peuplement, mais objet de la fureur légitime du peuple kanak, revenait par la petite porte. Et le transfert de toutes les compétences régaliennes, objectif incontournable de la décolonisation, n’était annoncé que conditionné à une majorité au Congrès calédonien en réalité inaccessible aux Kanak. La réaction du FLNKS est juste et elle est saine.
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Le camp loyaliste, aux prétentions colonialistes dignes des années 1950, s’imagine détenir une légitimité propre à demeurer sur ce territoire et à y dominer les habitants. Ses représentants affichent leur projet : encourager le gouvernement à prendre les mesures permettant d’accélérer le transfert de Français de métropole vers cette terre lointaine, afin de parvenir à une marginalisation démographique du peuple d’origine.
Mettre en œuvre le droit à la décolonisation
L’Etat français a tout à perdre à s’entêter à faire appliquer l’accord de Bougival. S’il veut sort




