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Municipales : le langage «patte de velours» au service de la stratégie mainstream de LFI et du RN

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Pour le linguiste Julien Longhi, l’heure n’est pas aux solutions concrètes, mais plutôt à positionner le parti, tel qu’il soit, comme un acteur politique légitime et responsable quitte à recadrer le réel.

Mathilde Panot lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 6 janvier 2026. (BERTRAND GUAY/AFP)
Par
Julien Longhi
linguiste, professeur à CY Cergy Paris Université
Publié aujourd'hui à 3h09

A un an des échéances nationales, les municipales constituent un test pour le RN et LFI qui aspirent à devenir des partis de gouvernement. Alors que très peu de leurs membres avaient jusqu’ici endossé des responsabilités locales, ces deux partis s’investissent fortement pour des élections qu’ils avaient peu intégrées jusqu’à présent dans leur stratégie de conquête du pouvoir. Ils cherchent, dans ce contexte, à se crédibiliser avec des prises de position conçues pour recadrer habilement le réel.

A plusieurs reprises, Jordan Bardella a ainsi appelé les Français à «entamer l’alternance» avec ces municipales. Une expression, sans aucun doute mûrement réfléchie, qui mérite qu’on s’y arrête.

Employer le mot «alternance» suggère que le RN s’inscrit dans une dynamique cyclique de gouvernance, comme un parti de gouvernement. Une manière d’effacer son positionnement historiquement radical, de le normaliser, de l’institutionnaliser.

Le mot alternance concède de possibles défaites futures, mais implique l’arrivée au pouvoir comme naturelle et mécanique.

En appelant à entamer dès aujourd’hui cette fameuse alternance, Jordan Bardella semble par ailleurs s’adresser aux électeurs qui voteront pour les municipales avant la présidentielle et les législatives. Mais ce verbe peut être interprété différemment. Implicitement, ce mot entamer est auss

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