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Non, Meloni n’est ni Merkel ni Thatcher, c’est pire, par Michela Marzano

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Alors qu’à l’étranger, elle apparaît comme une Première ministre rassurante et pragmatique, en Italie, elle cultive l’héritage mussolinien, alerte la philosophe italienne Michela Marzano.

En 2024, Giorgia Meloni lors d'une conférence de presse après une rencontre avec le Premier ministre albanais, à Shëngjin (Albanie). (Adnan Beci /AFP)
Par
Michela Marzano, philosophe et écrivaine italienne
Publié le 27/08/2025 à 14h47

Droite dure, extrême droite ? Comment situer Giorgia Meloni sur l’échiquier politique italien ? Au-delà des particularismes transalpins, cette question revêt depuis quelques semaines une importance cruciale en France, où nombre de dirigeants et de ­médias conservateurs, invoquent le bilan de la Première ministre italienne pour vanter sa modération sur les questions économiques européennes et internationales. Avec un objectif : préparer leurs troupes à une union des droites incluant le Rassemblement national. Pour le chercheur Jean-Pierre Darnis, si la force dont est issue Georgia Meloni s’est placée dans l’«arc républicain» au fil des alliances menées avec Berlusconi, la politique qu’elle mène n’a rien à voir avec celle promue par le parti de Marine Le Pen. Et certaines de ses actions dans le ­domaine sociétal et culturel opèrent un retour aux fondamentaux du fascisme, juge la philosophe italienne, Michela Marzano.

En France, Giorgia Meloni jouit d’une réputation qui étonne en Italie. Elle est encensée comme une dirigeante modérée, garante de la stabilité, fidèle à l’Europe et à l’Otan. Une femme qui – contrairement à Marine Le Pen – aurait su conquérir le pouvoir sans effrayer, après un travail mémoriel assumé et grâce à un pragmatisme louable. Mais attention : ce récit est trompeur. C’est une mystification. Car Meloni n’est pas une dirigeante modérée. Contrairement à Gianfranco Fini, elle n’a jamais condamné le fascisme : elle se limite à évoquer des erreurs, sans rompre avec son héritage idéologique. La flamme tricolore sur l’emblème de Fratelli d’Italia – disparue de Alleanza Nazionale de Fini – n’est pas un simple détail graphique. C’est une marque de continuité avec le MSI de Giorgio Almirante (1914-1988), ancien dignitaire de la République de Salo. Et son bras droit Ignazio La Russa, président du Senat, ne s’en cache pas : chez lui, il expose encore bustes et reliques de

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