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Nous vivons une crise historique du logement et ce n’est pas la faute des JO

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Pour Jacques Baudrier, en charge du logement à la mairie de Paris, nous traversons, 70 ans après l’appel de l’Abbé Pierre, une crise structurelle du secteur. Il demande à l’Etat de prendre les mesures nécessaires pour remettre sur le marché locatif des logements inoccupés. Et de multiplier par 3 la taxe sur les logements vacants.

Paris, le 21 janvier 2024. Boulevard Saint-Germain L'association Droit Au Logement (DAL), a minstallé un campement à proximité du Ministère du logement le 25 décembre 2023, pour demander le logement de personnes à la rue. Un mois plus tard les demandes n’ont pas aboutit. (Stéphane Lagoutte/Myop pour Libération)
Par
Jacques Baudrier
Adjoint à la maire de Paris, chargé du logement et de la transition écologique du bâti
Publié le 20/03/2024 à 13h21

Baisse historique de la construction de logements, augmentation continue du nombre de sans-abris et de demandeurs de logements sociaux, chute brutale du nombre de logements à louer dans le parc privé, chute de l’emploi dans le secteur du bâtiment, lenteurs du processus de rénovation énergétique des logements à l’échelle du pays : tous les indicateurs du secteur du logement vont dans le même (très mauvais) sens.

Une crise structurelle et non conjoncturelle

Si les Jeux olympiques et paralympiques mettent une lumière particulière sur Paris et sur sa crise du logement, il ne faut pas croire que les deux sont liés. Nous ne vivons pas une crise conjoncturelle, mais bien une crise structurelle, profonde, du logement dans notre pays, à l’échelle de celle que dénonçait l’Abbé Pierre à l’hiver 1954.

Paris comme l’ensemble du pays est touché de plein fouet. La ville de Paris a pourtant produit 110 000 logements sociaux depuis 2001, nous permettant d’atteindre les 25 %. Alors que 70 % de la population y est éligible, cette politique volontariste permet aux Parisiens de se loger dans leur ville.

Le budget 2024 de la ville de Paris dédié au logement n’a jamais été aussi élevé, avec 625 millions d’euros, soit 120 millions d’euros de plus qu’en 2023. Mais malgré cet investissement inégalé, l’absence de politique nationale du logement et les défaill

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