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Par-delà la «joie de vivre» de Gisèle Pelicot, il reste toujours à réparer les victimes, par Camille Froidevaux-Metterie

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On peut affirmer, comme Gisèle Pelicot le fait à l’occasion de la sortie de son livre, qu’une vie heureuse existe après les violences sexuelles. Mais ne nous leurrons pas, la joie est un horizon dans lequel peu de victimes parviennent à se projeter, rappelle la philosophe.

Portrait de Gisèle Pelicot, le 3 février 2026 à Paris. (Ava du Parc/Libération)
Par
Camille Froidevaux-Metterie
philosophe
Publié aujourd'hui à 10h32

Le parcours de Gisèle Pelicot a ceci de frappant qu’il condense dans une unique existence des siècles d’histoire patriarcale en même temps que quelques décennies d’histoire féministe. La mise à disposition totale du corps d’une femme par un homme, qui s’en estime propriétaire, constitue le levier originel du système d’exploitation et d’infériorisation des femmes qu’est le patriarcat. Ce que Gisèle Pelicot est venue signifier à la barre du tribunal d’Avignon (Vaucluse), c’est la permanence et la banalité de l’exigence de disponibilité corporelle qui pèse sur les femmes au sein de nos sociétés soi-disant égalitaires.

On pourrait arguer de la conquête effective de droits sociaux et politiques, comme la fin du devoir conjugal, voté le 28 janvier, on pourrait s’insurger en comparant la condition des Occidentales à celle des Afghanes ou des Iraniennes, il reste que la logique patriarcale, qu

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