Le parcours de Gisèle Pelicot a ceci de frappant qu’il condense dans une unique existence des siècles d’histoire patriarcale en même temps que quelques décennies d’histoire féministe. La mise à disposition totale du corps d’une femme par un homme, qui s’en estime propriétaire, constitue le levier originel du système d’exploitation et d’infériorisation des femmes qu’est le patriarcat. Ce que Gisèle Pelicot est venue signifier à la barre du tribunal d’Avignon (Vaucluse), c’est la permanence et la banalité de l’exigence de disponibilité corporelle qui pèse sur les femmes au sein de nos sociétés soi-disant égalitaires.
On pourrait arguer de la conquête effective de droits sociaux et politiques, comme la fin du devoir conjugal, voté le 28 janvier, on pourrait s’insurger en comparant la condition des Occidentales à celle des Afghanes ou des Iraniennes, il reste que la logique patriarcale, qu




