Le psychiatre et penseur du racisme Frantz Fanon (1925-1961) aurait 100 ans aujourd’hui mais sa vie, aussi brève qu’intense, fut stoppée brutalement par la maladie à 36 ans. Il a laissé à plusieurs générations de chercheurs en sciences humaines et sociales et de militant·es antiracistes, une méthode et des raisonnements dont on redécouvre depuis une vingtaine d’années en France (notamment grâce à des rééditions et des relectures de plus en plus nombreuses), la force. La méthode est fondée sur l’expérience et l’engagement comme moyens d’accéder à la réalité à la fois intime et politique du racisme et du colonialisme ; et le raisonnement, en écho, est fondé sur l’analyse psychologique et sociologique de ces mêmes fléaux. Aller au fond, démystifier, énoncer et comprendre la rage née de l’injustice jusqu’à même l’incarner dans le combat politique antiraciste et anticolonialiste : l’actualité de son œuvre est brûlante. Elle peut se mesurer à la reprise des paroles et des actes racistes dans le monde comme à l’importance comparable des mouvements contre le racisme (Black Lives Matter, comité Adama, etc.).
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Penser le racisme à partir de l’expérience : Frantz Fanon aurait eu 100 ans, ses idées n’ont pas fané
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La pensée du psychiatre et penseur, né le 20 juillet 1925, est plus que jamais nécessaire à l’heure notamment où Bruno Retailleau organise une «chasse» aux migrants dans les gares, souligne l’anthropologue Michel Agier.
Frantz Fanon lors d’une conférence à Conakry, en Guinée, le 15 avril 1960. (Alamy Stock Photo)
Par
Michel Agier, anthropologue
Publié le 20/07/2025 à 7h24
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