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«Plan de paix» pour Gaza, l’édification d’un ordre militaro-humanitaire

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Israël risque de tirer parti du flou qui caractérise ce programme de réhabilitation pour réorienter son dispositif de domination sur les Palestiniens de Gaza en y déployant des technologies de surveillance hyperintrusives et en ensevelissant le passé récent et ancien, explique Laetitia Bucaille, professeure de sociologie politique à l’Inalco.

Des tentes de personnes déplacées par le conflit, au milieu des décombres de l'ancien siège du Conseil législatif palestinien (CLP) et près de la place du Soldat inconnu à Gaza, le 28 janvier 2026. (OMAR AL-QATTAA/AFP)
Par
Laetitia Bucaille, professeure de sociologie politique à l’Inalco
Publié le 29/01/2026 à 12h38

Le «plan de paix» pour Gaza relève davantage du style asséné par le président américain sur la scène mondiale que d’une stratégie claire de résolution de conflit. Articulée autour d’un Conseil de la paix réunissant les chefs d’Etat de plusieurs dizaines de pays sous la férule de Donald Trump, d’un conseil exécutif dans lequel siégeront plusieurs de ses proches ainsi que des représentants des nations arabes et d’un comité technocratique palestinien dépourvu de tout rôle politique, l’architecture pour le moins lourde et insolite laisse augurer bien des frictions entre les acteurs.

Du côté américain, Donald Trump s’impose comme l’ordonnateur de la paix et de la guerre, ambitionne de refonder l’ordre mondial, il mise également sur les profits financiers liés à l’exploitation du gaz au large de Gaza et à la reconstruction. Les puissances arabes comme l’Arabie Saoudite, le Qatar ou l’Egypte tiennent à affirmer leur leadership dans une région en pleine recomposition et à ne pas apparaître comme de simples supplétifs d’Israël ou des

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