Cinq Premiers ministres et 130 ministres depuis 2022. Rarement la mécanique de nos institutions n’aura paru aussi grippée que en ce moment. Si la confiance des citoyens dans la politique s’étiole, c’est aussi que la question des prérogatives concrètes des pouvoirs législatif et exécutif échappe à tous, y compris, parfois, à ceux qui l’exercent.
Les ambiguïtés de la Ve République ont conduit à un paroxysme d’instabilité. Quelle que soit l’issue de la discussion budgétaire et même si celle-ci devait se solder par une adoption par les parlementaires, les accrocs politico-institutionnels seront partie remise à la prochaine réforme substantielle ou discussion budgétaire. Face à cette impasse, une réforme institutionnelle s’impose : l’élection du Premier ministre par les députés.
Le conflit de légitimité
Nous connaissons actuellement la même situation qu’au début de la IIIe, puis de la IVe Républiques, à savoir un conflit de légitimité autour du ou des responsables de la nomination du Premier ministre. Les présidents de la République Adolphe Thiers, puis Patrice de Mac-Mahon s’étaient affirmés en garants suprêmes de l’exécutif, convaincus d’avoir l’ascendant sur l’Assemblée nationale.
Tant que la Chambre était monarchiste, le statu quo prévalait. Mais les élections législatives de 1876 voient naître une majorité républicaine et provoquent la crise politique du 16 mai 1877. Mac Mahon refuse de s’incliner et provoque le peuple. C’est alors que Gambetta lance son avertissement historique : «Quand le




