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Pour protéger les mineurs des réseaux sociaux, ciblons plutôt les mécanismes d’addiction

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Les adolescents doivent avoir accès aux espaces numériques à condition d’encadrer les algorithmes et de doter les autorités de régulation de moyens réels, affirme un collectif de députés et eurodéputés socialistes.

Protéger réellement les mineurs implique de s’attaquer aux mécanismes qui organisent la dépendance, l’addiction et la surexposition aux contenus les plus nocifs. (Fiordaliso/Getty Images)
Par
Un collectif de députés socialistes
Publié le 27/11/2025 à 21h41

Les travaux parlementaires menés sur le numérique et la protection des mineurs ont mis en évidence une réalité que nul ne peut ignorer : les risques auxquels sont exposés les jeunes – comme l’ensemble des utilisateurs – sont d’abord provoqués par le fonctionnement même des plateformes, conçues pour capter l’attention à tout prix. C’est sur ce modèle économique, sur ce business du sordide, que doit porter l’effort politique. Protéger réellement les mineurs implique de s’attaquer aux mécanismes qui organisent la dépendance, l’addiction et la surexposition aux contenus les plus nocifs.

Avant 13 ans, les enfants ne doivent pas avoir accès aux réseaux sociaux, c’est déjà la règle. Entre 13 et 15 ans, l’accès peut être autorisé, mais avec l’accord parental. C’est ce que dit la loi Marcangeli, et c’est ce que portent les socialistes et sociaux-démocrates à l’échelle européenne. Cette position a d’ailleurs été adoptée cette semaine au Parlement européen où un rapport demande l’interdiction des mécanismes addictifs et entend soumettre l’accès aux réseaux sociaux de 13 à 16 ans à l’accord parental. Avant d’empiler les textes, appliquons déjà pleinement ceux qui ont été votés.

La vulnérabilité face à l’algorithme n’a pas d’âge

Contrairement à une idée qui circule dans l’espace politique, aucun consensus scientifique ne préconiserait une interdiction générale jusqu’à 15 ans : la vulnérabilité face à l’algorithme n’a pas d’âge et tient avant tout à la logique économique même des plateformes. Des jeunes de 16 ans qui n’avaient pas de réseau

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