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Pourquoi le Groenland n’est juridiquement pas à vendre

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Eric Carpano, professeur de droit public, analyse l’hypothèse du «rachat» du territoire par les Etats-Unis et rappelle que le droit international d’après 1945 a justement été conçu pour empêcher que les peuples «redeviennent» des monnaies d’échange.

A Nuuk, capitale du Groenland, le 16 février 2025. (Emilio Morenatti/AP)
Par
Eric Carpano
professeur de droit public à l'Université Lyon 3
Publié le 08/01/2026 à 13h01

L’idée d’un «rachat» du Groenland, relancée à Washington, ressuscite une logique de transaction territoriale que le droit international contemporain a précisément voulu rendre impossible. Entre interdiction du recours à la force, autodétermination et solidarités euro-atlantiques, l’Arctique met à l’épreuve nos règles communes.

Parler du «rachat» du Groenland peut sembler relever de la provocation politique. Pourtant, l’idée – relancée par le président américain – soulève une question autrement plus sérieuse : peut-on encore, au XXIᵉ siècle, envisager qu’un territoire et sa population fassent l’objet d’une transaction entre Etats ? Il est vrai que l’histoire américaine est jalonnée d’achats territoriaux. La Louisiane en 1803, l’Alaska en 1867, les îles Vierges danoises en 1917 ou encore l’achat dit «de Gadsden» au Mexique en 1853, ont contribué à façonner les Etats-Unis. Mais ces précédents appartiennent à un autre monde juridique. A l’époque, le droit international ne connaissait ni l’interdiction du recours à la force ni le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce monde a pris fin en 1945.

Les peuples ne sont pas des objets de cession

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