Prométhée, dans la mythologie grecque, est le titan qui vola le feu aux dieux pour le donner aux hommes, leur offrant ainsi la maîtrise de la technique et l’accès à la civilisation. Son nom signifie «celui qui pense avant», «celui qui a la prévoyance». En baptisant ainsi son projet d’intelligence artificielle, Jeff Bezos ne pouvait être plus explicite sur ses ambitions : donner à l’IA le pouvoir de maîtriser non plus seulement les mots, mais le monde matériel lui-même.
Alors que les modèles d’IA grand public comme ChatGPT, Claude ou Gemini sont en train de bouleverser les systèmes organisationnels des cols blancs, notamment le monde des sociétés de conseil, avec des licenciements qui s’accélèrent, Jeff Bezos déplace la bataille sur un terrain complètement différent : le monde physique/industriel. Là où la génération de langage et autre forme de contenu (vidéo, audio, etc.) a attiré toute notre attention ces trois dernières années, Project Prometheus s’annonce comme un tournant majeur dans l’histoire récente de l’intelligence artificielle, celui de la bascule vers une IA capable d’interagir, d’optimiser et de piloter des sys




