«Putain deux ans !» En 1993, les dialoguistes des Guignols de l’info avaient placé cette réplique dans la bouche d’un Chirac pressé de devenir président et contraint d’affronter les trahisons du camp Balladur pendant les quarante-huit mois qui le séparaient de l’élection. C’est long deux ans quand on est pressé d’arriver et que l’on commence à se faire vieux. Plus on a attendu, moins on admet de se faire coiffer sur le poteau par de jeunes technocrates qui ont toute la vie devant eux. A l’époque, le Chirac des Guignols avait suscité pas mal de sympathie. De nombreux Français ont estimé que le candidat avait attendu si longtemps, et que la dernière ligne droite était si douloureuse, qu’effectivement il y avait droit. Ils l’ont élu au bénéfice de ses annuités pleines et par égard pour la pénibilité de son emploi de prétendant abandonné de tous.
La chronique de Michaël Foessel
Réforme des retraites : «Putain deux ans !»
Réservé aux abonnés
L’âge de la retraite ne se calcule pas en fonction d’équilibres budgétaires projetés dans un avenir abstrait : il renvoie à l’entrelacement intime du temps vécu et du temps social. Que ce dernier s’impose comme une contrainte absurde et la moindre prolongation apparaîtra scandaleuse.
Lors de la mobilisation contre la réforme des retraites, à Paris, le 19 janvier 2023. (Stéphane Lagoutte/Myop pour Libération)
Publié le 26/01/2023 à 5h37
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus