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Libération
A la poursuite de la beauté (2/8)

Ryoko Sekiguchi : «Pour ceux qui sont seuls et pour lesquels décembre est toujours pénible, voici un plat fait d’amitié et du lien de la terre»

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La poétesse japonaise raconte les légumes de son amie maraîchère et la beauté de la relation qui les lie entre elles, mais aussi aux vers de terre et aux insectes de la ferme. Autour d’un simple aliment se rencontre une communauté invisible.

Nature morte de Noël en fruits et légumes. (Valentine Reinhardt/Libération)
Par
Ryoko Sekigushi
autrice et poétesse
Publié le 25/12/2025 à 11h10

Obsession contemporaine et plurimillénaire, la quête du beau est aussi universelle. En cette fin d’année, Libération explore la beauté comme injonction, privilège ou ressource, voire consolation dans un monde qui va mal. Le sublime de la montagne, l’esthétique foutraque des ruelles de Marseille, la beauté d’un navet, les codes de l’ultra féminité féministe, la coquetterie de Homo sapiens… Ecrivain·es, philosophes, ethnologue et humoriste la traquent dans toutes ses formes et ses recoins.

Voilà près de huit ans que je tiens une correspondance avec une maraîchère angevine, Hélène. Elle possède un potager, la Ferme d’Artaud, où elle travaille avec ses deux jeunes sœurs.

Elle m’avait d’abord contactée peu après la sortie de mon livre Nagori. Nous étions fin novembre et elle me proposait de goûter ses «tomates de nagori». Intriguée, j’ai accepté. Quelques jours plus tard, j’ai reçu un colis contenant des légumes d’hiver et, cachée en leur sein, une petite boîte dans laquelle se trouvaient des grappes de minuscules tomates, de la taille de petits pois. Il s’agissait d’une variété résistante au froid, dont les grappes peuvent rester sur pied jusqu’à la

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