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Suppression des APL pour les étudiants étrangers : où est passée la promesse universelle du pays des Lumières ?

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Sous couvert d’économies budgétaires, le projet de loi de finances suggère de supprimer l’aide au logement pour les étudiants étrangers. Non seulement, c’est une erreur économique et sociale, mais cela revient, en plus, à distinguer ses talents selon la couleur d’un passeport, dénoncent l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Sylvie Retailleau, Vincent Caure, député EPR et Louis Roquebert, président des Jeunes en marche.

Les étudiants étrangers rapportent plus de 5 milliards d’euros par an à notre économie pour un coût public de 200 millions d’euros en aides au logement (Campus France). Ici, à Paris, l'une des antennes de la CAF, en 2025. (Carine Schmitt /Hans Lucas. AFP)
Par
Sylvie Retailleau, ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et professeure des universités, Vincent Caure, député EPR et Louis Roquebert, président des Jeunes en marche
Publié le 17/11/2025 à 18h25

Il y a des économies qui coûtent cher. Supprimer l’accès aux APL pour les étudiants étrangers hors Union européenne en fait partie.

Sous couvert d’économies budgétaires, cette mesure du projet de loi de finances fragilise ce que la France a de plus précieux : sa jeunesse et son rayonnement. Elle introduirait une distinction dangereuse entre les étudiants selon leur nationalité, à rebours de ce que la République a toujours affirmé : l’Ecole et l’université sont des lieux où l’on s’élève par le mérite, pas par l’origine.

Les étudiants étrangers viennent en France pour une raison simple : notre excellence académique. Ils choisissent nos universités, nos écoles d’ingénieurs, nos instituts de recherche pour la force de leurs diplômes et la qualité de leurs formations. Encourager ces mobilités, c’est assumer que la France veut rester un pays qui attire, forme, inspire. Les décourager, c’est se condamner à regarder le monde se transformer sans nous.

On ne peut pas, d’un côté, déplorer le déclassement des universités françaises dans les classements internationaux et, de l’autre, fragiliser celles et ceux qui contribuent directement à leur dynamisme. On ne peut pas appeler au «rayonnement de la France» dans les discours et multiplier les obstacles administratifs, financiers ou symboliques qui l’étouffent dans les faits. Favoriser ces échanges, c’est investir dans l’avenir. Les en décourager, c’est une erreur économique et sociale. A l’heure où la compétition internationale pour attirer

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