Chez Target, le bénévolat est encouragé et la générosité revendiquée. Le géant de la grande distribution originaire de Minneapolis, huitième plus grande chaine des Etats-Unis, aime afficher son ambition de «se rendre utile au monde». Le 8 janvier, dans un de ses magasins du Minnesota, deux employés ont été plaqués au sol par une demi-douzaine d’agents fédéraux, puis emmenés de force. Face à cela, Target n’a rien dit. Ou presque rien.
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Pourtant, depuis plusieurs jours, dans la même ville, des milliers de personnes manifestent contre l’impunité de ces agents d’ICE, accusés de rafles arbitraires, de violences répétées, et maintenant d’avoir abattu un homme en pleine rue. La seule réaction officielle a consisté à cosigner un communiqué collectif de dirigeants économiques du Minnesota, creux et sans effets concrets. Un texte appelant abstraitement au «dialogue» et à la «sécurité de tous», sans jamais nommer l’ICE, les violences, ou même les responsables politiques aux commandes.
Cet exercice de communication illustre une tendance lourde : depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, une large partie du patronat américain a choisi le silence, le retrait stratégique, ou la neutralit




