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Trier les croyantes voilées dans l’espace public, le rêve illibéral du RN

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Juive française et portant un foulard, la rabbine Myriam Ackermann-Sommer répond à Jordan Bardella sur la volonté du RN d’interdire le voile islamique : l’Etat n’a pas pour rôle de dicter les convictions, mais il doit garantir à chacun la liberté de les exprimer.

Manifestation contre l'islamophobie dans les rues de Paris, le 10 novembre 2019. (Vincent Boisot/Riva Press)
Par
Myriam Ackermann-Sommer, rabbine, normalienne et docteure en littérature
Publié le 11/11/2025 à 10h57

En juin dernier, j’ai affronté Jordan Bardella dans le cadre de l’émission la Grande Confrontation face aux Français sur la chaîne LCI. Il venait alors de renouveler cette promesse, en apparence si simple : une fois le RN au pouvoir, il veut interdire le voile islamique, perçu comme le symbole par excellence de l’islam politique, dans l’espace public. Position réitérée il y a quelques jours, à la suite d’une polémique créée par la présence de jeunes filles voilées au sein d’un groupe scolaire qui visitait l’Assemblée, qui a fait réagir Bardella.

Juive française et moi-même revêtue d’un foulard que je porte alors tant sur le plateau de LCI que dans la rue au quotidien, je me suis sentie obligée de réagir. Je lui ai posé une question simple : comment le parti d’extrême droite comptait-il distinguer ledit «voile islamique», synonyme de radicalisation et de velléité de conquête du pouvoir, du foulard d’une musulmane pacifique, ou d’autres couvre-chefs religieux, portés par des juives ou des chrétiennes ?

Sa réponse, tautologique et circulaire : «L’interdiction concernera uniquement le voil

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