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Une nouvelle gauche qui colle à son époque, par Benoît Hamon

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La gauche assiste, passive, à un changement d’ère qu’elle continue à interpréter à tort comme une simple parenthèse autoritaire, xénophobe et obscurantiste. Au lieu de s’inspirer de la gauche sociale pour actualiser ses propositions, fait valoir l’ancien candidat PS à la présidentielle.

Benoît Hamon, en marge de la journée d'été «Rassembler pour gagner», des partis de gauche, à Châteaudun (Eure-et-Loir), le 30 août 2025. (Denis Allard/Libération)
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Benoît Hamon, candidat PS à l’élection présidentielle 2017 et à la tête d’une ONG d’économie sociale et solidaire
Publié le 29/08/2025 à 15h56

Journées d’été des unitaires regroupant des unitaires de gauche

Benoît Hamon sera présent ce week-end des 30 et 31 août aux journées d’été des unitaires regroupant les mouvements Debout ! (François Ruffin), L’Après et Génération·s.

Dans une lettre écrite en 1794 lors de son exil en Suisse, Joseph de Maistre (1753-1821) philosophe et magistrat, farouchement contre-révolutionnaire écrit à la marquise de Costa : «Il faut avoir le courage de l’avouer, madame, longtemps nous n’avons point compris la révolution dont nous sommes les témoins, longtemps nous l’avons prise pour un événement. Nous étions dans l’erreur : c’est une époque ; et malheur aux générations qui assistent aux époques du monde !»

Cette citation sert de miroir à Giuliano Da Empoli dans son livre l’Heure des prédateurs pour montrer combien il est malaisé de comprendre l’ampleur des bouleversements et des métamorphoses qui ont lieu sous des yeux aveuglés par la lumière tyrannique de l’instant présent.

La fin programmée du gouvernement Bayrou sur la question de la dette financière est, à cet égard, un moment révélateur : alourdie de 1 000 milliards d’euros depuis 2017, d’une importance indéniable, celle-ci reste bien plus surmontable que la dette écologique que ce même gouvernement et prédécesseurs ont laissé filer aux mépris de conséquences irréversibles pour les générations futures.

Aujourd’hui en particulier, quand nos consciences, engourdies par la saturation d’images

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