Cette ruée vers Pékin, en ordre dispersé et totalement irréfléchie, c’est exactement ce qu’il ne faudrait pas faire. Ce fut d’abord le chef du gouvernement australien. Le président français et les Premiers ministres irlandais, canadien et britannique ont suivi. Ce sera bientôt le chancelier allemand avant bien d’autres encore, car ce qui se passe est clair.
Avec la Chine, les Européens ont enregistré en 2024 un déficit commercial de plus de 300 milliards d’euros. Cela ne s’est pas arrangé l’année dernière et n’est nullement parti pour s’améliorer cette année. L’Union aurait aujourd’hui toutes les raisons d’entraver au plus vite cette déferlante chinoise, mais ses Etats craignent des mesures de représailles alors qu’ils ont tous un besoin vital de développer leurs exportations vers Pékin. Comme l’Australie et le Canada, chacun d’entre eux essaie donc de placer ses pions avant les autres dans ce qui devient une bataille fratricide.
Tapis rouge et grands sourires, Xi Jinping n’en cache plus sa joie. On en viendrait presque à croire ce qui se dit des Européens - «divisés», «naïfs», «grands perdants du changement d’ère» - mais c’est pourtant bien eux qui avaient su torpiller le plan américano-russe de reddition de l’Ukraine et qui ont




