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Violences sexistes et sexuelles : la loi-cadre doit intégrer celles faites aux enfants

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Au moment où la ministre Aurore Bergé devrait déposer une loi-cadre, il est impératif d’y adjoindre les violences sexuelles faites aux enfants, interpelle Alice Gayraud, ex-membre de la Ciivise 1.

En 2024, place de la République à Paris, des femmes du Collectif Enfantiste lors de la journée internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes et des minorités de genres. (Eric Broncard /Hans Lucas. AFP)
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Alice Gayraud, spécialiste des politiques publiques de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ancienne responsable du plaidoyer de la Ciivise 1
Publié le 22/11/2025 à 10h20

A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le 25 novembre, la France s’apprête peut-être à franchir un seuil historique. Le 28 octobre dernier, la ministre déléguée chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a annoncé le dépôt fin novembre d’une loi-cadre contre les violences sexistes et sexuelles.

Sans présager de ce que pourrait contenir le projet de loi, cela pourrait être l’aboutissement d’un combat de longue haleine porté par les mouvements féministes depuis de nombreuses années.

Cette loi-cadre est essentielle. Mais elle risque, une fois encore, d’omettre les violences sexuelles faites aux enfants du continuum des violences sexistes et sexuelles. Pourtant une grande majorité (60 %) des violences sexuelles déclarées par des femmes a lieu avant leurs 18 ans.

Si l’enfance reste absente du cadre politique des violences sexistes et sexuelles, ce n’est pas une maladresse. C’est une victoire idéologique. On en connaît les ressorts : ce sont les mêmes mécanismes qui, depuis les années 1970, ont disqualifié la lecture féministe des violences conjugales et qui opèrent aujourd’hui en matière de violences s

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