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Critique

«Vivre, libre», le livre uppercut d’Amandine Gay sur la domination blanche

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L’essayiste afroféministe publie un essai dense et puissant sur le racisme et la manière de le vaincre collectivement.

L'essayiste afroféministe Amandine Gay, le 1er juillet 2025 (Enrico Bartolucci)
Publié le 23/12/2025 à 10h35

Sa couverture rose pétant et son titre qui font penser au genre du développement personnel abritent un essai d’une densité et d’une puissance rares. Réfléchissant à ce livre depuis dix ans, la réalisatrice et activiste Amandine Gay l’envisageait d’abord comme «une liste la plus exhaustive possible des manifestations de la négrophobie dont [elle] étai [t] victime, des plus banales aux plus spectaculaires». Le premier récit remonte à l’enfance, dans les toilettes d’un camping. La fillette noire est poursuivie et harcelée par des enfants blancs. «A ce moment, j’ai pensé que si ces enfants le pouvaient, ils et elles me tueraient, et j’ai voulu mourir.»

Amandine Gay mêle à son autobiographie une exploration culturelle et sociologique du racisme dans des chapitres thématiques (sur le travail, l’amitié, la santé, la sexualité…) qu’elle nourrit de multiples références bibliographiques, présentées avec une précision et une simplicité qui prennent le lecteur par la main. Tout au long du livre, Gay s’adresse directement aux blancs pour provoquer une prise de conscience. Et elle prend soin de rappeler à ceux qui ne se sentiraient pas concernés que tous, hommes et femmes, riches et pauvres, hétéros et queers, bénéficient tous de la «suprématie bl

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