Voilà le genre de documentaire devant lequel on reste un peu désemparé - un peu comme l'Etat devant le problème de la radicalisation, d'ailleurs. On ne sait pas trop comment l'aborder, le digérer, s'assurer de ce qu'on voit et entend. Beaucoup de choses intéressantes - et effrayantes - dans ce film de Jean-Charles Doria, en dehors d'effets de mise en scène discutables. Selon ses chiffres, il y aurait plus de 200 personnes incarcérées au titre de l'islamisme radical et 2 000 autres considérées comme proches de cette mouvance. Comment faire dès lors pour empêcher que ce poison ne se dissémine ? «Mission impossible», disent les surveillants accaparés par de trop nombreuses tâches. «Les détenus radicalisés sont discrets et évitent que cela se voie», explique Karim, tombé un temps dans leurs griffes. Le documentaire donne la parole à ces anciens, ou toujours, islamistes. Les propos de ceux qui sont incarcérés pour avoir voulu rejoindre Daech sont particulièrement inquiétants pour l'avenir. «C'est aujourd'hui la seule idéologie sur le marché», rappelle l'ex-juge antiterroriste Marc Trévidic. Et les ateliers de déradicalisation ou l'influence de l'imam sur ceux qui ont déjà basculé semblent une réponse bien faible.
Critique
Des cellules en culture
ParDavid Carzon
Publié le 02/03/2016 à 17h41
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