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Critique

Le goût de Kiarostami

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Publié le 06/07/2016 à 17h11

Arte rend hommage au cinéaste iranien Abbas Kiarostami, mort lundi à l'âge de 76 ans, et diffuse ce soir le Goût de la cerise, palme d'or 1997 au Festival de Cannes. L'histoire d'un homme qui, dans la banlieue de Téhéran, en cherche un autre avec une pelle pour l'aider à mener à bien son projet très spécial : se faire enterrer après son suicide. Cet homme massif doit avoir une cinquantaine d'années, il s'appelle monsieur Badii, il a l'air aisé. Mais à part ça, on ne sait rien de lui.

Ce qu’en a pensé Libé à sa sortie :

«Assis au volant d'un film littéralement automobile, Kiarostami est cet artiste qui nous dit : «Regarde là, l'arbre, le chemin, la colline, la voiture. C'est toujours pareil, c'est jamais la même chose.» Dans l'infini des coups d'œil possibles, il suffit de sélectionner des cadres et de choisir ses angles, il suffit de faire son cinéma et de s'en réjouir. S'il était latin, Kiarostami aurait sûrement filmé comme au début des Bucoliques : «Lentus in umbra», tranquille à l'ombre. Comme il est d'aujourd'hui et que la campagne, du Latium à Téhéran, n'est plus ce qu'elle était, ce Virgile persan a tourné le parfait poème des temps modernes : le Goût de la cerise, autant dire les Mélancoliques.»

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