A sa sortie en salles, nous l'avions qualifié de «film coup-de-poing». Deux ans plus tard, le Procès de Viviane Amsalem apparaît comme un double coup de poing. Ronit Elkabetz, qui l'a coréalisé avec son frère, est de chaque scène ou presque, «silencieuse et blême dans sa robe noire, comme veuve de sa propre liberté, puis éruptive et débordante de sensualité quand elle lâche prise et dénoue lentement sa lourde chevelure contenue dans un chignon», écrivions-nous alors. Si intensément présente dans ce huis-clos d'un tribunal rabbinique en Israël, où son personnage tente désespérément d'obtenir le divorce, que l'on peine à croire qu'elle a été emportée par un cancer en avril. Ce film est sans doute le plus abouti de la trilogie qu'il forme avec Prendre femme et les Sept Jours, chronique d'un conflit conjugal inspiré par la mère des deux réalisateurs. Car l'intime se mêle là au politique, le propos visant à dénoncer l'emprise des religieux sur la vie quotidienne en Israël, emprise qui s'est renforcée depuis lors. En seconde partie de soirée, un docu revient sur la genèse de ce film où l'on croise Simon Abkarian et surtout Sasson Gabai. Une histoire de famille autant qu'une plongée dans une société percluse de contradictions.
Critique
Ronit Elkabetz forever
Ronit Elkabetz lors de la projection en 2014 du «Procès de Viviane Amsalem» à Hollywood. (Photo Jason Kempin. AFP)
Publié le 28/11/2016 à 17h06
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