Menu
Libération
Été 2019

Homme de faille

Terre. Pour sa série «The Fault», Grégoire Eloy, passionné par la science et l’invisible, a suivi une expédition de géophysiciens en Italie afin de cartographier les stigmates fossilisés d’un tremblement de terre.

(Photo Grégoire Eloy)
Publié le 22/08/2019 à 17h36

Après un travail photographique dans la pure tradition du grand reportage noir et blanc, à la rencontre des populations déplacées du Sud Caucase vivant près de l’oléoduc BTC long de 1 760 km, Grégoire Eloy, membre du collectif Tendance Floue, se tourne depuis 2010 vers un domaine peu ou mal photographié : la science. Il s’intéresse d’abord à l’astrophysique avec un projet sur la matière la plus invisible, la matière noire, puis à un accélérateur de particules LHC du Cern.

La présente série, «The Fault», est dans la continuité de sa recherche. En 2015, il a accompagné les géophysiciens de l’ENS lors d’un voyage d’études dédié à la cartographie d’une ligne de verre de quelques millimètres de large sur une cinquantaine de mètres de long : la faille de Balmuccia. Fruit d’un tremblement de terre vieux de plus de 250 millions d’années, à plusieurs dizaines de kilomètres sous terre, sa trace fossilisée est remontée à la surface avec la formation des Alpes. Ce relevé photographique, mis en page sous la forme d’un livre d’artiste (1), est également un outil scientifique. En détachant les pages à l’aide des traits de coupe et en les associant selon leurs coordonnées, il devient possible de reconstituer la faille, à l’échelle 1:10, dans son intégralité.

Mais la démarche procède également d’une vision personnelle et subjective. Eloy y mélange les photographies, qu’il a réalisées en négatif, de la surface de l’affleurement rocheux et celles des scientifiques au contact du manteau terrestre scarifié par des lignes de verre.

(1) «The Fault», RVB Books (2017).

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique