Le document émane de la «direction administrative et financière» de l’Emirat islamique d’Afghanistan, le nom que se donnent les talibans. Dix-neuf pages, dûment tamponnées, où sont listées des centaines de produits et les droits de douane afférents, le plus souvent calculés par tonne. Rien ne semble avoir été oublié, du thé vert ou noir au plâtre, en passant par les vitres de voiture et les cigarettes que les talibans avaient pourtant bannies lorsqu’ils étaient au pouvoir de 1996 à 2001.
Depuis la mi-mai et l’annonce du retrait américain d’ici au 11 septembre, les insurgés ont lancé une vaste offensive, prenant les forces afghanes par surprise et s’emparant d’environ 120 districts, principalement dans le nord du pays. L’armée afghane a riposté et en a reconquis quelques-uns. Mais les talibans restent en position de force, encerclant plusieurs capitales provinciales. Ils ont surtout pris quatre postes-frontières, sur les sept principaux du pays : Islam Qala avec l’Iran, Torghundi avec le Turkménistan,




