Il s’est faufilé au deuxième étage du luxueux Plaza Rotana. Dans un des salons de réception de l’hôtel, au bord du fleuve Congo, des représentants cravatés de la compagnie minière australienne AVZ Minerals parlent à la presse. Ernest Mpararo, attentif, est assis dans le public. Le petit homme au costume à carreaux trop grand n’est pas journaliste, mais il a flairé un loup dans cette affaire de bataille d’actionnaires autour du sort de la future mine de lithium de Manono, dans la province orientale du Tanganyika. Un projet gigantesque – on parle des plus grandes réserves de roche dure de lithium au monde – aux retombées financières présentées comme extraordinaires. Le minerai est nécessaire à la fabrication des batteries des voitures électriques, dont la demande mondiale explose.
D’expérience, Ernest Mpararo, 55 ans, sait que dans son pays ces méga-mines attirent les grands prédateurs. Le secrétaire exécutif de la Ligue congolaise contre la corruption (Licoco) s’inquiète des reproches qu’AVZ Minerals fait à son partenaire congolais dans cette affaire, la société publique Cominière. En 2016, les deux groupes ont créé une joint-venture, Dathcom, pour exploiter conjointement le lithium de Manono. Mais l’alliage s’est révélé hautement explosif. Alors que les Australiens piaffent d’impatience à




