Deux versions diamétralement opposées et pas d’enquête indépendante pour faire émerger la vérité. Pendant cinq jours, du 27 au 31 mars, Moura, dans le centre du Mali, a été le théâtre d’un massacre de civils commis par des militaires maliens et russes, selon des organisations de défense des droits humains comme Human Rights Watch. Au moins 300 personnes ont été tuées. Les témoins auxquels Libération a eu accès confirment ces exécutions de masse, visant des civils désarmés. De son côté, l’armée malienne reconnaît qu’une «opération d’opportunité aéroterrestre de grande envergure a été menée dans la zone de Moura» mais affirme que les victimes sont des «combattants des groupes armés terroristes» – le bilan officiel est de «203 terroristes neutralisés» et «51 interpellés».
Mali
Accusés de crimes de masse à Moura, Bamako et Moscou bloquent toute enquête indépendante
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Les autorités maliennes empêchent les Casques bleus d’accéder au village de Moura tandis que la Russie protège son allié à l’ONU.
A Kona, dans le centre du Mali, le 20 mars. La localité de Moura, située en zone inondée, est inaccessible par la route pour les lourds convois de Casques bleus. Or un déplacement aérien nécessite le feu vert de Bamako. (Michele Cattani/AFP)
ParCélian Macé
Publié le 10/04/2022 à 19h29
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