«Je n’ai pas de nouvelles» de Christophe Gleizes, a affirmé ce jeudi 13 novembre le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur le plateau de BFM TV-RMC. Le journaliste français indépendant a été arrêté en mai 2024 dans le nord de l’Algérie, retenu sous contrôle judiciaire pendant plus d’an, puis condamné en juin à sept ans de prison ferme pour «apologie du terrorisme» par le tribunal de Tizi-Ouzou.
Collaborateur de So Foot et de Society, le trentenaire s’était rendu dans le pays pour une série de reportages autour du football algérien, notamment sur «les heures de gloire, dans les années 80, du club local, la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK)», comme le rappelle RSF.
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Le ministre de l’Intérieur répondait ce jeudi aux questions d’Apolline de Malherbe au lendemain de la grâce de l’écrivain Boualem Sansal par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune : «Je reste dans la même posture, celle d’un dialogue exigeant. On a beaucoup de choses à attendre de l’Algérie.» Laurent Nuñez a dit espérer la libération prochaine du journaliste. «Il y a un appel qui devra être jugé dans quelques jours», début décembre, a-t-il ainsi rappelé.
Le ministre a également évoqué la «probabilité très forte» d’un déplacement en Algérie, sur invitation de son homologue et à la faveur d’une reprise du dialogue entre Paris et Alger : «A un moment, il faut que les ministres se parlent, on engage des discussions plus stratégiques. On n’a plus de contact sécuritaire avec l’Algérie.»
Le locataire de Beauvau estime que «la stratégie du bras de fer [appliquée par son prédécesseur Bruno Retailleau] ne fonctionne pas». Depuis son arrivée au gouvernement, Laurent Nuñez a souligné à plusieurs reprises la nécessité de renouer «le dialogue» avec Alger, mettant en avant les besoins de coopération sécuritaire notamment dans la lutte antijihadiste au Sahel.
Le dialogue entre Paris et Alger «en cours de rétablissement»
La libération de Boualem Sansal mercredi pose la première pierre d’une reprise des échanges diplomatiques entre la France et l’Algérie. L’écrivain était au centre des tensions entre les deux pays. Sa grâce par le régime algérien est, selon le Premier ministre français, le «fruit d’une méthode faite de respect et de calme», dans laquelle l’Allemagne a été partie prenante – l’auteur de 2084 est arrivé à Berlin dans la soirée.
Selon l’ambassadeur de France en Algérie, rappelé à Paris en avril en raison des tensions diplomatiques, les canaux de communication entre la France et l’Algérie «sont en cours de rétablissement». Sur France Info ce jeudi, Stéphane Romatet a affirmé : «Nous sommes en train de prendre des initiatives pour rétablir [ces canaux] dans la discrétion, dans le respect et dans la considération pour le partenaire algérien.»
Après avoir souligné le «geste de clémence» et sans «aucune contrepartie» de l’Algérie quant à la libération de Boualem Sansal, le diplomate est, lui aussi, revenu sur le sort de Christophe Gleizes : «Tous nos espoirs portent vers une issue heureuse, une issue de sagesse pour la libération de Christophe Gleizes lors de son procès en appel, le 3 décembre.»




