Il y a cinquante jours, un coup d’Etat a interrompu le processus électoral en Guinée-Bissau. Le jour du putsch, les militaires ont fait irruption dans les locaux de la Commission nationale électorale pour saisir les procès-verbaux, alors en cours de compilation. Les résultats n’ont jamais été proclamés et le vainqueur du scrutin du 23 novembre 2025 reste à ce jour inconnu. A la place, les putschistes ont propulsé à la tête de l’Etat le général Horta N’Tam, chef d’état-major de l’armée de terre. Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, a lui été exfiltré du pays.
La junte a rapidement publié une «charte de la transition» censée servir de cadre juridique à cette parenthèse extraconstitutionnelle, dont la durée a été fixée à douze mois. Le texte interdit au général Horta N’Tam – et au Premier ministre qu’il a nommé, Ilídio Vieira Té – de se présenter à l’élection présidentielle qui doit en marquer l’issue. Mais la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), gardienne de l’ordre régional,




