C’est une vieille histoire, partagée par les trois religions du livre et que la tradition fait remonter à l’époque de Ramsès II. Moïse, après avoir fait sortir son peuple d’Egypte et fendu la mer en deux, gravit seul le mont Sinaï où, au milieu des nuages, du tonnerre et du feu, il scelle une alliance avec Dieu. Lequel lui fait parvenir en échange les Tables de la Loi, dont le dixième et dernier commandement stipule : «Tu ne convoiteras pas les biens d’autrui.»
Quelques milliers d’années plus tard, cette prescription résonne étrangement dans le vaste massif granitique, où le gouvernement égyptien est en train de s’approprier les terres du plus ancien monastère du monde et pousser les Bédouins, habitants historiques du lieu, à quitter leur demeure. Objectif ? Transformer le hameau perdu de Sainte-Catherine, traditionnellement couru des pèlerins et des randonneurs, en troisième pôle touristique du pays, derrière la vallée du Nil et la mer Rouge. Après la Nouvelle Capitale administrative (NAC) et le Grand Egyptian Museum, enfin inauguré




