Dans un mois, les Sénégalais seront appelés aux urnes pour choisir leurs députés. Le temps politique est élastique. L’échéance semble à la fois proche, tant le scrutin électrise déjà le pays, et bien lointaine, au vu des incertitudes qui entourent la tenue de ces élections législatives. L’opposition avait appelé à un nouveau rassemblement de protestation ce mercredi, avant d’y renoncer au dernier moment. Les autorités l’avaient interdit, comme le précédent. La manifestation empêchée, le 17 juin, avait déclenché des affrontements entre les jeunes et la police. Trois personnes avaient trouvé la mort dans les heurts (deux à Ziguinchor et Bignona, dans le sud du pays, et une à Dakar) et près de 200 avaient été interpellées, selon le décompte de l’opposition.
La crise s’est nouée le 3 juin. Ce jour-là, le Conseil constitutionnel a confirmé l’invalidité de certaines listes de candidats aux élections législatives. Leur dépôt aurait été entaché d’irrégularités. L’Assemblée nationale sénégalaise compte 165 sièges. Ils sont attribués selon un scrutin mixte : 112 sièges sont pourvus au scrutin de liste majoritaire, au niveau des départements, et 53 à la proportionnelle, au niveau national. Or les listes nationales des deux principales coalitions ont été r




