Le journaliste français Christophe Gleizes a été condamné en appel à sept ans d’incarcération, mercredi 3 décembre en Algérie, mais la France espère toujours le faire sortir de prison. Emmanuel Macron a «appris avec une profonde inquiétude la décision du tribunal de Tizi-Ouzou», a fait savoir l’Elysée dans un communiqué publié ce jeudi 4 décembre. «Nous continuerons d’agir auprès des autorités algériennes pour obtenir sa libération et son retour en France dans les plus brefs délais», assure la présidence.
Interview
«On regrette cette décision. […] Nous allons peser de tout notre poids pour obtenir la libération» de Christophe Gleizes, et ce sera «un élément majeur des discussions en cours», a commenté ce jeudi matin le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, invité des 4 Vérités de France 2. Les discussions au niveau sécuritaire entre les deux capitales ont été relancées depuis la grâce présidentielle octroyée mi-novembre par l’Algérie à l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Emmanuel Macron s’était ensuite dit «disponible» pour échanger avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, si cela permet d’«obtenir des résultats» et d’«avancer» pour améliorer la relation bilatérale, mais cet échange n’a pas encore eu lieu.
«Décision aberrante»
Collaborateur des magazines français So Foot et Society, Christophe Gleizes, 36 ans, s’était rendu en Algérie en mai 2024 pour un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi-Ouzou, à cent kilomètres à l’est d’Alger. Il s’est vu reprocher des contacts avec des personnes liées au mouvement séparatiste MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie), classé terroriste en Algérie. Il avait été condamné à sept ans de prison en première instance, en juin, pour «apologie du terrorisme» – une peine confirmée en appel ce mercredi par le tribunal de Tizi-Ouzou.
L’ONG Reporters sans frontières a déploré une «décision aberrante» contre un journaliste qui n’a «fait que son travail». Quant à Boualem Sansal, il s’est dit «effondré parce que l’Etat algérien n’avait pas besoin de poursuivre dans cet acharnement». Sur le plateau de RTL ce jeudi, l’écrivain franco-algérien, libéré il y a près de trois semaines après presque un an passé en prison en Algérie, a dénoncé «une dictature qui n’arrive pas à se corriger, à prendre des manières un peu plus civilisées». S’agissant d’une possible grâce présidentielle pour le journaliste, il s’est toutefois dit «confiant». Et d’espérer : «Il va sortir dans une semaine, deux semaines, il va être gracié.»




