Deux semaines après sa condamnation en appel à sept années de prison en Algérie, le journaliste français Christophe Gleizes se pourvoit en cassation. Ses avocats français, Emmanuel Daoud, et algérien, Amirouche Bakouri, l’ont annoncé ce dimanche 14 décembre - il s’agissait de la date limite pour former un tel recours. La cour d’appel de Tizi-Ouzou en Algérie avait confirmé le 3 décembre une peine de sept ans de réclusion pour le reporter de 36 ans, condamné en première instance fin juin pour «apologie du terrorisme» et emprisonné depuis cette date. L’organisation Reporters sans frontières a «condamné avec la plus grande fermeté cette décision aberrante», à l’encontre d’un «journaliste n’ayant fait que son travail».
Collaborateur des magazines français So Foot et Society, Christophe Gleizes s’était rendu en Algérie en mai 2024 pour un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi-Ouzou, à 100 kilomètres à l’est d’Alger. Il avait été arrêté le 28 mai 2024 et placé sous contrôle judiciaire. La justice algérienne lui reproche des contacts avec des personnes liées au groupe séparatiste Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé terroriste en Algérie. Sa condamnation a été prononcée au pic d’une grave crise diplomatique entre la France et l’Algérie.
Au lendemain de la confirmation de sa condamnation, Emmanuel Macron avait qualifié le jugement d’«excessif» et d’«injuste», se disant déterminé à «trouver une issue favorable». La présidence française a promis d’«agir auprès des autorités algériennes pour obtenir sa libération et son retour en France dans les plus brefs délais». Les proches de Christophe Gleizes ont dit placer leurs espoirs dans une grâce du président algérien, Abdelmadjid Tebboune.




