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Justice

Crimes contre l’humanité en RDC : réclusion à perpétuité requise contre Roger Lumbala, ex-chef de guerre congolais

Jugé à Paris pour complicité des crimes contre l’humanité commis par ses soldats, dont il fut «l’une des têtes pensantes» il y a près d’un quart de siècle en RDC, l’ancien rebelle de 67 ans avait refusé de comparaître lors de son procès.

Roger Lumbala, le 8 janvier 2013 à Kampala, en Ouganda. (Peter Busomoke/AFP)
Publié le 12/12/2025 à 21h17

L’accusation a réclamé ce vendredi 12 décembre à Paris la réclusion criminelle à perpétuité contre l’ex-chef rebelle congolais Roger Lumbala pour complicité des crimes contre l’humanité commis par ses soldats, dont il fut «l’une des têtes pensantes» il y a près d’un quart de siècle en RDC.

Pour les organisations de défense des droits humains, ce procès «historique» est l’occasion de mettre à mal l’impunité dont bénéficient les belligérants dans l’est de la république démocratique du Congo (RDC), où les combats se poursuivent malgré un accord «pour la paix» entériné à Washington début décembre.

Mais l’audience a été désertée par l’accusé, 67 ans, détenu depuis son arrestation en décembre 2020 : lui déniant toute légitimité, il a refusé dès le premier jour de revenir devant la cour d’assises de Paris, qui rendra lundi son verdict.

Un des avocats généraux, Nicolas Péron, a affirmé aux jurés que Lumbala leur faisait faux bond uniquement parce qu’il est «devant un problème qu’il ne pensait pas devoir rencontrer un jour, il est devant la justice».

«Un paroxysme d’horreur»

Viols utilisés comme armes de guerre, esclavage sexuel, travail forcé, tortures, mutilations, exécutions sommaires, pillage systématique, racket, captation des ressources (diamants, coltan…) : durant un mois, la cour a écouté le récit d’exactions commises en 2002-2003 lors de l’opération «Effacer le tableau», menée dans le nord-est du pays par le RCD-N, le groupe rebelle de Lumbala, soutenu par l’Ouganda voisin et allié au MLC de l’actuel ministre congolais des Transports, Jean-Pierre Bemba.

Dans la cohorte des guerres que se livrent depuis trois décennies de nombreuses factions notamment pour le contrôle des ressources naturelles, avec l’implication de pays voisins comme l’Ouganda et le Rwanda, «Effacer le tableau» a été «un paroxysme d’horreur», «une orgie sans précédent de violences et de pillages», a témoigné Hervé Cheuzeville, un travailleur humanitaire.

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