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Drame

Eboulement sur un site minier en RDC : Kinshasa dit craindre «au moins 200 morts»

Les mines de Rubaya, où travaillent essentiellement des mineurs artisanaux dans des conditions précaires, sont depuis avril 2024 sous le contrôle du groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda.

Les mines de Rubaya le 24 mars 2025. (Zohra Bensemra/REUTERS)
Publié le 01/02/2026 à 15h52

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré, dans un communiqué transmis ce dimanche 1er février à l’AFP, craindre un bilan d’«au moins 200 morts» dans un glissement de terrain «massif» survenu mercredi sur l’important site minier de Rubaya (est) contrôlé par le mouvement antigouvernemental M23. Les mines de Rubaya, où travaillent essentiellement des mineurs artisanaux dans des conditions précaires, produisent entre 15 et 30 % du coltan mondial. Elles sont depuis avril 2024 sous le contrôle du groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda. L’est de la RDC détiendrait au moins 60 % des réserves mondiales de ce minerai dont est issu le tantale, essentiel à la fabrication des équipements électroniques modernes.

La région est ravagée par des conflits depuis trente ans et a connu un regain de violences depuis 2021 avec la résurgence du groupe armé M23 qui, soutenu par Kigali et son armée, s’est emparé des grandes villes de Goma et Bukavu en janvier et février 2025. Le site de Rubaya, qui s’étend sur plusieurs dizaines de km², est situé à environ 70 kilomètres à l’ouest de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

Informations très partielles

Selon des informations encore très partielles obtenues par l’AFP, un pan de colline du vaste site accidenté s’est détaché mercredi après-midi. Un autre glissement de terrain est survenu jeudi matin. Le gouverneur de la province du Nord-Kivu nommé par le M23, Eraston Bahati Musanga, qui s’est rendu sur place vendredi, avait déjà fait état auprès de l’AFP d’un bilan d’«au moins 200 morts», sans que ce chiffre ne puisse être confirmé par des sources indépendantes. Ce responsable du M23 avait par ailleurs affirmé que des corps ont été tirés des gravats, sans toutefois donner un chiffre.

Dans cette zone reculée de l’immense pays d’Afrique centrale, le réseau téléphonique est coupé depuis plusieurs jours. L’administration congolaise et les organisations de la société civile ont fui la zone à l’arrivée du M23. Les informations parviennent donc «au compte-goutte par des motards qui circulent» dans la région, empêchant à ce stade d’établir un bilan exact, a expliqué une source humanitaire contactée par l’AFP. Selon des experts de l’ONU, le M23 a mis en place à Rubaya «une administration semblable à celle d’un Etat», en créant notamment un «ministère chargé de l’exploitation des minéraux» qui délivre «des permis aux creuseurs et aux opérateurs économiques».

La taxation des activités minières par le groupe armé lui rapporte plusieurs centaines de milliers de dollars par mois, grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce du coltan, toujours selon les experts de l’ONU. Kinshasa a appelé dimanche «la communauté internationale à prendre pleinement la mesure de ce drame», conséquence selon le gouvernement congolais, «d’une occupation armée et d’un système organisé de pillage» par le M23 et le Rwanda.

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