Il a désormais passé la moitié de sa vie à la tête de son pays. Au pouvoir depuis 1986, Yoweri Museveni brigue jeudi 15 janvier un septième mandat électif comme président de l’Ouganda. Le vieil homme n’envisage pas sérieusement d’autre scénario que sa réélection. Depuis l’indépendance de ce pays des Grands Lacs, le fauteuil présidentiel se gagne avant tout par les armes, et surtout ne se perd jamais par les urnes.
S’il devait un jour rendre le pouvoir (rien n’est moins certain), Museveni le fera de son plein gré, et en organisant sa propre succession. Celle-ci fait désormais l’objet de spéculations discrètes à Kampala. A 81 ans, l’ancien freedom fighter devenu autocrate, étudiant marxiste converti au néolibéralisme du FMI, entame sans doute sa dernière mue.
Le Président, toujours prompt à faire démonstration de sa vigueur physique (il s’est longtemps vanté de ses séances de pompes quotidiennes), a donné des premiers signes d’essoufflement au cours de la campagne électorale. Sous son chapeau à large bord d’éleveur de bétail, son éternelle moustache est plus éclaircie que par le passé, ses yeux moins rieurs, son visage émacié. Plusieurs de ses meetings ont été annulés à la dernière minute. L’énergie de son jeune adversaire, le chanteur Bobi Wine, contraste cruellement avec l’inévitable déclin de «Sevo» – le surnom du chef de l’Etat. Mais à la différence du scrutin de 2021, où le régime du Mouvement national de résistance avait semblé dépassé par la percée de l’opposant, e




