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En Afrique, la manne opaque des cryptos face aux monnaies locales

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Plusieurs gouvernements du continent ont ouvert grand leurs portes aux mineurs de bitcoin, y voyant l’opportunité de générer facilement des devises. Mais l’utilisation dérégulée de ces technologies peu transparentes engendre aussi des dérives.

«La majorité des habitants d’Afrique subsaharienne ne sont pas bancarisés, mais plus de 90 % d’entre eux ont accès à un téléphone portable, ce qui facilite l’utilisation des stablecoins», explique le professeur d'économie Jérôme Mathis. ( Luke Dray/Getty Images.AFP)
Publié le 23/12/2025 à 19h19

Niché entre les rives du lac Edouard et les contreforts du rift africain, le parc des Virunga offre un refuge à une faune et une flore uniques. C’est dans ces grands espaces de l’est de la république démocratique du Congo que Sébastien Gouspillou, un entrepreneur français spécialisé dans le minage de bitcoin, a déposé son barda en 2020. Pour y développer «la première ferme de bitcoin africaine», sur invitation d’Emmanuel de Merode, le directeur des Virunga. Depuis 2008, cet anthropologue et primatologue belge se bat pour préserver le parc et ses trésors des ravages de la guerre civile congolaise autant que de l’exploitation pétrolière. Dans cet environnement hostile, où l’administration congolaise ne s’attarde pas, Emmanuel de Merode a délégation de service public. Il dirige un quasi-Etat dans l’Etat, qu’il doit entretenir, protéger et réguler, avec une cohorte de rangers et de conservationnistes. Et surtout, qu’il doit financer.

C’est là qu’intervient Sébastien Gouspillou. Riche de nombreux c

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