En Guinée-Bissau, dix jours après leur étrange coup d’Etat, les militaires continuent de dérouler avec application les étapes habituelles du petit manuel du putschiste. Après avoir investi solennellement le général Horta N’Tam comme «président de la transition», puis formé, samedi 29 novembre, un nouveau gouvernement dirigé par un Premier ministre civil, ils ont annoncé, jeudi 4 décembre, la création d’un Conseil national de transition.
A cette occasion, le Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre (le nom officiel de la junte) a justifié sa prise de pouvoir d’une nouvelle façon, en évoquant une situation politique «grave», marquée par des contestations post-électorales «pouvant dégénérer en une guerre civile à caractère ethnique». Le coup d’Etat est survenu à la veille de l’annonce des résultats du scrutin présidentiel du 23 novembre, alors que le camp du président sortant, Umaro Sissoco Embaló, comme celui de l’opposant Fernando Dias da Costa, revendiquaient chacun la victoire.
Destruction des procès-verbaux
«L’argument des tensions ethniques est totalement faux, balaye Bubacar Turé, président de la Ligue guinéenne des droits humains (LGDH), depuis Bissau. Il n’y avait aucun signal en ce sens. La campagne électorale a été pacifique, il n’y a eu aucune manifestation après les proclamation




