Menu
Libération
Reportage

En Guinée, l’hebdo satirique «le Lynx», dernier rempart de la liberté de presse

Réservé aux abonnés

Dans le contexte de l’élection présidentielle guinéenne, qui a consacré sans surprise la junte militaire, le média indépendant, l’un des plus anciens du pays, continue d’allier humour et résistance face à la violence politique.

«Le Lynx», dont on voit ici l'imprimerie, a été créé en 1992. (Marion Bernet/Libération)
ParAgnès Faivre
Envoyée spéciale à Conakry (Guinée)
Publié le 26/01/2026 à 10h26

Ils se poilent. D’un rire sans effusion, de connivence, dans le rush du bouclage. Tout part d’un dessin. «Ce sont des gens inquiets qui viennent voter… On dirait qu’ils sont obligés !» commente Mamadou Siré Diallo, rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique le Lynx, en découvrant une proposition de une. L’illustration – signée Slim et Charlie et réalisée à l’avant-veille de la présidentielle du 28 décembre qui s’est soldée par la victoire du général putschiste de 2021, Mamadi Doumbouya – se compose de neuf urnes, pour neuf candidats. Mais une seule aimante la procession de votants. Le premier de la file sue à grosses gouttes en glissant son bulletin dans la fente. Calé au fond de l’urne, Doumbouya fait la sieste, jambes croisées. Sa kalachnikov figure au premier plan.

Dans la même rubrique