Dans le contexte de tension entre la France et l’Algérie, l’annonce a surpris. A l’occasion de sa visite à Alger, Laurent Nuñez a annoncé la relance d’«une coopération sécuritaire de très haut niveau» entre les deux pays.
Au deuxième jour de sa visite, le ministre de l’Intérieur, venu renouer le dialogue sur les questions sécuritaires et tenter de dégeler la relation bilatérale, en grave crise depuis l’été 2024, a été reçu ce mardi 17 février, par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune. A cette entrevue, participaient aussi Boualem Boualem, directeur de cabinet du président Tebboune, l’homologue de Laurent Nuñez, Saïd Sayoud, ainsi qu’Ammar Abba, conseiller diplomatique du président algérien et le patron de la sécurité intérieure algérienne (DGSI), le général-major Abdelkader Aït-Ouarabi.
Laurent Nuñez a entamé lundi une visite, projetée depuis plusieurs mois à l’invitation de Saïd Sayoud, mais qui avait tardé à se concrétiser. Selon des photos diffusées par le ministère de l’Intérieur algérien, le ministre français a participé lundi à des réunions de travail avec son homologue, en présence de hauts responsables sécuritaires des deux pays dont Céline Berthon.
Une relation fortement dégradée
Avant son voyage à Alger, le ministre de l’Intérieur avait dit prudemment venir discuter de «toutes les questions de sécurité» notamment de la lutte antiterroriste, domaine dans lequel l’Algérie a un rôle à jouer car elle est frontalière de plusieurs pays du Sahel. Le ministre avait aussi évoqué le narcotrafic et le sujet épineux des réadmissions, c’est-à-dire du retour de ressortissants algériens en situation irrégulière en France, que l’Algérie n’accepte plus depuis des mois.
En amont de sa visite, le ministre français avait mentionné aussi le cas de Christophe Gleizes, le journaliste sportif français, qui purge une peine de sept ans de prison pour «apologie du terrorisme», confirmée en appel en décembre.
La relation bilatérale est très fortement dégradée depuis la reconnaissance à l’été 2024 par la France d’un plan d’autonomie sous «souveraineté marocaine» pour le Sahara occidental. Dans ce territoire au statut non défini selon l’ONU, un conflit oppose depuis 50 ans le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par Alger.
La crise s’est aggravée avec l’arrestation en novembre 2024 de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié depuis par Abdelmadjid Tebboune) et après la mise en examen en avril 2025 d’un agent consulaire algérien accusé d’être impliqué dans l’enlèvement d’un influenceur algérien, Amir DZ.




