Des frappes contre une école maternelle et un hôpital, et un nouveau massacre. Plusieurs dizaines de civils, dont des enfants, ont été tués jeudi 4 décembre à Kalogi, au Soudan, selon un bilan communiqué à l’AFP ce dimanche par Essam al-Din al-Sayed, chef de l’unité administrative locale. Contrôlée par l’armée, cette ville se trouve dans la région du Kordofan, désormais au cœur des combats entre les belligérants soudanais. Essam al-Din al-Sayed a dénombré trois frappes de drones, visant «d’abord une école maternelle, puis un hôpital» puis «des personnes qui tentaient de secourir les enfants». Le responsable local a imputé cette attaque aux Forces de soutien rapide (FSR), en guerre avec l’armée depuis avril 2023, et à leurs alliés du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord, dirigé par Abdelaziz al-Hilu.
L’agence des Nations unies pour l’enfance avait indiqué jeudi que les frappes avaient tué plus de dix enfants âgés de 5 à 7 ans. Le ministère des Affaires étrangères, aligné sur l’armée, a estimé le nombre de morts à 79, dont 43 enfants. La vérification indépendante des informations provenant de la région du Kordofan reste difficile en raison des restrictions d’accès et de l’insécurité persistante. «Tuer des enfants dans leur école est une violation horrible des droits de l’enfant», a fustigé Sheldon Yett, représentant de l’Unicef au Soudan, exhortant toutes les parties à cesser les attaques et à permettre l’accès humanitaire.
Offensive à l’est
La guerre pour le pouvoir entre l’armée et les FSR a fait des dizaines de milliers de morts et 12 millions de déplacés. Malgré des efforts de médiation internationale, aucune trêve n’est en vue dans ce pays plongé, selon l’ONU, dans la pire crise humanitaire du monde. Après avoir pris fin octobre El-Fasher, dernier bastion de l’armée au Darfour, dans l’ouest du Soudan, les FSR ont poussé leur offensive dans la région pétrolifère du Kordofan, plus à l’est. Les combats ont forcé plus de 40 000 personnes à fuir la région, selon l’ONU, qui s’inquiète de nouvelles exactions, dont les deux parties ont été accusées au cours du conflit – la bataille d’El-Fasher avait été marquée par des tueries de masse, des viols et des pillages. Selon des analystes, la poussée des paramilitaires au Kordofan vise à briser l’arc défensif de l’armée autour du centre du pays et à préparer le terrain pour tenter de reprendre les grandes villes, dont Khartoum, qu’ils ont perdue au printemps.
Interview
Dans un communiqué publié sur X, ce dimanche, le président de l’Union africaine, Mahmoud Youssouf, s’est dit «consterné par les atrocités répétées et croissantes commises contre les civils dans la région». Il a ajouté «condamner avec la plus grande fermeté les attaques horribles qui auraient eu lieu» à Kalogi, qui auraient fait «plus de 100 victimes civiles, dont des dizaines de femmes et d’enfants dans une école maternelle». Dans son communiqué, il a ajouté être «profondément préoccupé par les informations faisant état de bombardements aériens continus, d’attaques de drones et d’assauts contre des infrastructures civiles vitales, notamment des hôpitaux et des écoles». Mahmoud Youssouf appelle à un cessez-le-feu immédiat et insiste sur la nécessité d’un accès humanitaire «sans entrave».




