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Massacre

Guerre au Soudan : sept personnes tuées par une frappe de drone contre un hôpital militaire

L’établissement bombardé ce dimanche se trouve dans la région du Kordofan, théâtre ces derniers jours d’une flambée de violences. Il accueillait accueillait les habitants de la ville de Dilling et de ses environs, en plus du personnel de l’armée, selon une source médicale.

Des membres de l'armée régulière du Soudan à Heglig, dans la province du Kordofan-Sud. Members of the South Sudan army gather in Heglig, South Kordofan, Sudan, in this still image obtained from social media video released on December 11, 2025. Social Media/via REUTERS THIS IMAGE HAS BEEN SUPPLIED BY A THIRD PARTY. NO RESALES. NO ARCHIVES. (Social Media/Reuters)
Publié le 14/12/2025 à 19h40

Sept personnes ont été tuées et douze autres blessées par une frappe de drone contre un hôpital militaire dans le sud du Soudan, ce dimanche 14 décembre, selon une source médicale citée par l’AFP. Des patients et leurs proches figurent parmi les victimes du bombardement. Le massacre s’est produit dans la région du Kordofan, théâtre ces derniers jours d’une flambée de violences. L’hôpital militaire accueillait les habitants de la ville de Dilling et de ses environs, en plus du personnel militaire. Dilling est contrôlé par l’armée et assiégé par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) depuis dix-huit mois, tout comme la capitale régionale, Kadougli, située à une centaine de kilomètres plus au sud.

Depuis la prise du dernier bastion de l’armée dans la vaste région voisine du Darfour, dans l’ouest du pays, les FSR ont recentré leurs opérations sur celle du Kordofan, zone stratégique qui fait la jonction entre les territoires par l’armée dans le Nord, l’Est, le centre et le Darfour. Les réseaux de communications y sont défaillants, rendant difficiles la vérification des informations dans des zones difficiles accessibles. En novembre, l’ONU a confirmé un état de famine à Kadougli et classé Dilling comme «à risque élevé». Samedi, une frappe de drone sur la base locale de la force de maintien de la paix des Nations unies à Kadougli avait tué six Casques bleus bangladais. L’armée a imputé cette frappe aux FSR, qui ont démenti.

A plusieurs reprises, l’ONU a mis en garde contre le risque de voir se répéter au Kordofan les atrocités commises à El-Fasher, la capitale régionale du Darfour-Nord, où de nombreux civils et humanitaires ont accusé les FSR de massacres, de violences sexuelles et d’enlèvements avec demande de rançon. Le 8 décembre, les paramilitaires se sont emparés du plus grand site pétrolifère du pays, à Heglig, au Kordofan-Sud, à la frontière avec le Soudan du Sud. Les FSR ont également dans leur ligne de mire El-Obeid, capitale du Kordofan-Nord, située sur un axe stratégique reliant Khartoum au Soudan du Sud. Depuis avril 2023, la guerre qui oppose l’armée aux FSR a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de «pire crise humanitaire au monde».

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