La république démocratique du Congo (RDC) et le groupe rebelle M23 ont signé ce samedi 15 novembre au Qatar une feuille de route préalable à un accord de paix dans l’est du pays. L’accord a été signé par les représentants des deux parties lors d’une cérémonie qui s’est tenue à Doha.
Cet accord ne comporte «aucune clause contraignante» et ne modifiera pas «la situation sur le terrain», a déclaré ce samedi Benjamin Mbonimpa, représentant la délégation du M23 à Doha. Le texte contient huit chapitres consacrés aux «causes profondes du conflit» qui seront négociés «avant d’aboutir à un accord de paix global», a-t-il affirmé.
Kinshasa réclame le retrait des troupes rwandaises de son sol, tandis que Kigali conditionne ce retrait à la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé formé par d’anciens responsables du génocide rwandais et réfugié en RDC. Le M23, de son côté, clame sa volonté de renverser le régime du président congolais, Félix Tshisekedi, et de se maintenir dans les zones sous son contrôle.
Le M23, soutenu par le Rwanda voisin – même si Kigali a longtemps nié avoir aidé le groupe rebelle –, s’est emparé en janvier de Goma, la plus grande ville de l’est de la RDC, avant de poursuivre sa progression dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Les combats ont fait des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes supplémentaires cette année, tout en aggravant le risque d’une guerre régionale à grande échelle.
Violence
Le Qatar, les Etats-Unis et l’Union africaine sont engagés depuis plusieurs mois dans des négociations visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC riche en ressources naturelles. Depuis avril, le Qatar a ainsi accueilli plusieurs cycles de pourparlers directs entre le gouvernement congolais et les rebelles, mais ceux-ci ont principalement porté sur les conditions préalables et les mesures visant à instaurer la confiance.
En juillet, les deux parties ont convenu d’une déclaration de principe qui laissait en suspens de nombreuses questions clés à l’origine du conflit, et en octobre, elles sont parvenues à un accord sur la surveillance d’un éventuel cessez-le-feu.
Les combats ont continué ces derniers jours dans l’Est entre le M23 et l’armée congolaise appuyée par des milices locales, notamment dans le territoire de Walikale, situé dans la province du Nord-Kivu, et dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Les deux camps s’accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu convenu en juillet.
Le négociateur en chef du Qatar, Mohammed al-Khulaifi, qui a qualifié ce samedi l’accord signé d’«historique», a également affirmé que les médiateurs poursuivraient leurs efforts pour parvenir à la paix sur le terrain.




