Fumée blanche pour Boualem Sansal. La présidence algérienne a annoncé mercredi 12 novembre qu’elle «accept[ait]» de libérer l’écrivain franco-algérien, incarcéré depuis novembre 2024 en Algérie. Boualem Sansal avait été condamné à cinq ans de prison ferme en mars 2025 pour «atteinte à l’unité nationale», une peine confirmée en appel en juillet.
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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune «a répondu favorablement» à une demande de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, «concernant l’octroi d’une grâce en faveur de Boualem Sansal», selon le communiqué officiel. «Le président a réagi à cette demande, qui a retenu son attention en raison de sa nature et de ses motifs humanitaires.»
Quelques heures plus tard, Frank-Walter Steinmeier a annoncé que l’écrivain était «en route pour recevoir des soins médicaux en Allemagne». Il est finalement arrivé à Berlin en début de soirée, après un trajet à bord d’un avion gouvernemental de la Germany - Air Force.
Premier responsable français à réagir à l’annonce, le Premier ministre Sébastien Lecornu a partagé son «soulagement» et noté que la nouvelle était le «fruit d’une méthode faite de respect et de calme». «Nous souhaitons qu’il puisse rejoindre ses proches au plus vite», a-t-il ajouté devant les députés, à l’occasion d’une séance de questions au gouvernement.
«Geste humanitaire»
Lundi 10 novembre, le président allemand avait exhorté son homologue algérien à gracier Boualem Sansal, appelant à un «geste humanitaire». Frank-Walter Steinmeier avait proposé que l’écrivain soit transféré en Allemagne pour «y bénéficier de soins médicaux […] compte tenu de son âge avancé […] et de son état de santé fragile».
Dans une longue interview accordée en septembre dernier, le président Abdelmadjid Tebboune avait déjà évoqué la possibilité de se rendre en Allemagne fin 2025 ou début 2026.
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Arrêté à Alger le 16 novembre 2024, le romancier et essayiste franco-algérien Boualem Sansal a été condamné en appel en juillet à cinq ans de réclusion pour avoir notamment déclaré que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc.
Jeudi 6 novembre, le ministre français des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, avait souligné que Paris menait un «dialogue exigeant» avec Alger pour obtenir la libération de Boualem Sansal. L’affaire s’inscrit dans un contexte d’hostilité entre Paris et Alger, qui sont empêtrés depuis plus d’un an dans une crise diplomatique sans précédent qui s’est traduite par des expulsions de fonctionnaires de part et d’autre, le rappel des ambassadeurs des deux pays et des restrictions sur les porteurs de visas diplomatiques.
Mise à jour à 21 heures : Boualem Sansal est arrivé à Berlin




